Aun Tauch, Da, Mab, Phirom, Môm : elles sont des dizaines dans le Building blanc, au centre de Phnom Penh au Cambodge, à travailler chaque soir sous la surveillance d'un "placeur" chargé de rabattre les clients.
De très jeunes femmes, prostituées dès l'adolescence, viennent de la campagne pour vendre à la capitale leur virginité. Très vite, le peu d'argent auquel elles ont droit sert, non pas à nourrir leurs familles, mais à rembourser les dettes contractées auprès de leurs patrons, qui les tiennent ainsi prisonnières, et à acheter le mâ, cette drogue à base d'amphétamines qui leur permet de tenir.
Misère matérielle et affective, sida, avortements à répétition, honte, mais aussi chants et rires, disputes et bavardages sans fin sont leur lot quotidien. |