2001, trois mois d'émeutes, de combats de rue. Trois mois de marches et de manifestations. La colère des Kabyles en Algérie n'est pas retombée. Ce mouvement issu de la base, qui se méfie des partis politiques, est un véritable défi au pouvoir. Mais il cherche son second souffle.
Ces émeutes, ce sont d'abord celles des jeunes, comme Mohand qui a participé dès les premiers jours aux manifestations. La réalisatrice, Samia Chala, d’origine kabyle, parlant le Berbère, l’a suivi dans son village, Avizar, en Grande Kabylie, à une quarantaine de kilomètres de Tizi Ouzou, pour comprendre les raisons de cette révolte. Les habitants d'Avizar, et ceux d'une soixantaine de villages alentour, appartiennent à l'aârch, c'est-à-dire à la tribu de "At Djenned". Et ce sont des comités de villages regroupés en comités de aârch qui ont pris la tête de la révolte kabyle.
Depuis trois mois, depuis l'embrasement de la violence en Kabylie, rares sont les équipes télé qui ont pu partager le quotidien des manifestants et comprendre cette révolte de l'intérieur. Grâce à ses origines et à sa connaissance du "terrain", la réalisatrice a pu filmer sans aucune escorte policière et, de ce fait, réaliser un document exceptionnel. |