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VIVRE EN ENFER : CRéATURES DU FROID - 3/4

COMMENT DES CRéATURES S’ADAPTENT EN MILIEU HOSTILE

50mn - Documentaire  - disponible en HD

Résumé et informations

Dans les environnements froids, les micro-organismes sont les rois. Ils sont à la base d'écosystèmes fragiles menacés par le réchauffement climatique. Les scientifiques étudient comment ces espèces parviennent à survivre dans des milieux aussi instables et éphémères que sont la neige ou la glace.

Au Spitzberg, les plantes ont différentes stratégies pour coloniser les sols gelés. Elles poussent en coussinets, ont des feuilles réduites, ou bien même elles se couvrent de poils pour s'isoler du froid. Certaines fleurs parviennent même à s'établir sur des falaises abruptes exposées au vent et à l'érosion. Elles tirent leur énergie du guano des goélands nichant à leur sommet.

Les nids des goélands sont des abris de choix pour les tiques. Ces acariens ne craignent pas les écarts de température. Certains viennent même des pays chauds et ont fait le voyage accrochés au plumage des oiseaux migrateurs.

Non loin de ces falaises, toute une chaîne alimentaire de micro-organismes s'est organisée dans l'eau glacée du lac d'altitude. Des crustacés comme les daphnies pullulent. Ces organismes survivent au gel grâce à leurs œufs hyper-résistants. Lorsque les conditions se détériorent, que le lac gèle, les daphnies pondent des œufs qui s'entassent au fond du lac. Ces œufs n'écloront que lorsque les conditions seront redevenues meilleures.

L'endroit le plus froid du Spitzberg reste le front du glacier. La température peut y descendre à -30 degrés, et ne dépasse pas les 5 degrés tout au long de l'année. Pourtant, là encore, on trouve des organismes parfaitement adaptés à de telles conditions : les collemboles. Les collemboles du Spitzberg vivent exclusivement sur la glace et les moraines glacières. Elles sont capables de sécréter un antigel qui leur permet de supporter des températures allant jusqu'à -20 degrés.

Mais cela signifie-t-il que la vie s'arrête au bord des glaciers ? L'Inlandsis, la calotte glaciaire du Groenland, est un des endroits les plus hostiles de la planète, la vie y est quasiment inexistante, les loups ou les ours polaires ne s'y aventurent même pas.

Pourtant, la vie a trouvé refuge dans les trous à cryoconite (la poussière du froid). Ces trous sont formés par de petits tas de poussière et de matière organique amenés par les vents.

Lorsque cette poussière noirâtre se dépose sur la calotte, elle absorbe plus fortement le rayonnement solaire, elle fait donc fondre la glace et forme ces trous circulaires. Ce sont des environnements totalement instables : ils peuvent geler ou s'évaporer. Pourtant, on y trouve une chaîne alimentaire microscopique complète depuis des micros algues jusqu'au tardigrade, le prédateur supérieur de ce milieu extrême.

Le tardigrade est le superchampion de la résistance au froid, il est capable d'entrer en état de cryptobiose, c'est-à-dire qu'il peut expulser quasiment toute l'eau de son corps et quasiment arrêter son métabolisme. Il peut alors résister à des températures extrêmes de 150 à -270 degrés et se réveiller des centaines d'années plus tard.

Les seuls autres organismes que l'on trouve sur la calotte sont des algues rouges parfaitement adaptées au froid. A la base, ce sont des algues vertes qui se sont couvertes de pigment rouge qui les protège des UV et du gel.

En Antarctique, les micro-algues poussent même sous la banquise, avec le plancton, c'est un menu de choix pour le Krill. Cette petite crevette qui ne craint pas l’eau glacée est la clef de toute la chaîne alimentaire antarctique. C’est une ressource énergétique colossale pour les prédateurs des eaux australes, du manchot à la baleine en passant par le poisson des glaces.

Ce poisson est un véritable extrêmophile. Il s'est si bien adapté à son milieu qu'il ne peut vivre que dans des eaux dont la température est comprise entre -2 et 6 degrés. Les eaux froides ont une teneur en oxygène beaucoup plus importante que la normale si bien que le poisson des glaces a perdu son hémoglobine. Son sang est devenu transparent et l'oxygène est directement filtré par ses énormes branchies. Leur organisme produit aussi des protéines qui jouent le rôle d'un antigel.

Tous ces organismes et ces écosystèmes sont fragiles, on sait aujourd’hui qu'un degré d'élévation de la température moyenne sur l'ensemble de la planète correspond à une augmentation de 2 degrés au niveau des pôles. Les organismes adaptés au froid seront certainement les premiers sur la planète à subir lourdement les effets du changement climatique actuel.

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